FIFAVA frise avec le pénible à Anglet
18/11/2008
Jean Sébastien Mora
Ce n’est pas moins de 35 projets vidéo amateur, qui ont été diffusés ce week-end dans le cadre du FIFAVA. Cependant, très peu de courts-métrages valaient le détour jusqu’au cinéma Oscar à Anglet.
Le public, venu nombreux en début d’après-midi, quittait la salle petit à petit, fatigué du manque de qualité et du caractère parfois insupportable de la programmation.
On pense notamment au long (horriblement long) film-documentaire de Pierre Salas qui n’avait rien à faire dans un festival et dont le réalisateur n’avait pas le moindre souci (ou respect) du
public. Pierre Salas, malgré son absence de talent et sa méconnaissance du moindre code cinématographique, n’est pas responsable à lui seul, puisque le FIFAVA avait fait le choix de diffuser son
opus et de plomber encore, mais de manière magistrale l’énergie du public.
Une des explications “le règlement très ouvert qui intègre tous types de projets amateurs sans distinction” nous explique une bénévole présente samedi.
Absence de simplicité
“Une dizaine de courts-métrages aurait suffi” explique Arnaud regrettant de s’être déplacé au festival, “il était inutile d’essayer de projeter autant de films si le minimum requis n’était pas au
rendez-vous”.
Cependant, même s’il est difficile de critiquer une initiative bénévole, toutes les personnes présentes au cinéma Oscar s’accordaient à dire que le FIFAVA était mal organisé et que ses moyens
étaient démesurés, comparés à la qualité médiocre de la sélection.
Un palmarès sans surprise
Côté sélection justement, le public pressentait sans surprise la victoire de M. Rouge de Bastien Cousaert, un très bon métrage, court, dynamique et intelligent sur l’obsession d’un daltonien pour
le rouge.
Hoax de Zoun est également largement sorti du lot. Un court-métrage chaplinesque dans lequel son réalisateur met en scène simplement et avec beaucoup d’humour un de ses amis, tout en intégrant
ses dessins et son autodérision.
Et c’est vraiment la simplicité et la légèreté qui a manqué à tous ces réalisateurs en herbe, la plupart ont traité des désordres psychologiques et des détresses affectives, mais mal : cinq ont
filmé la maladie mentale, quatre débutent par le réveil difficile du personnage principal dans son lit, beaucoup introduisent le battement de cœur en fond sonore et trop enfin considèrent que la
lenteur du personnage et le seul moyen de mettre en valeur sa tristesse (hélas pour le public).
Pour le reste, Kevin Mendiboure et Thibault, les locaux ont gagné le prix du public pour avoir mobilisé jusqu’à Anglet le plus grand nombre d’amis pour le vote du public. Leur court-métrage
Réverso, qui demeure un des seuls assez bien joués, reste ennuyeux et piégé par une trop grande recherche esthétique.
Les moins mauvais
Le bouvier de Jean Louis Dubroca n’est pas un bon documentaire, mais il devient le meilleur, au-devant des autres en compétition particulièrement mauvais. Le bouvier a permis cependant au
public qui ne s’était pas encore échappé, de découvrir ce fabuleux groupe de musique traditionnelle occitane La Talvera. L’intérêt pour ce documentaire ne tenait que par le contenu du
court-métrage, pas pour sa réalisation.
Azir et Damir, une fiction construite sur le modèle du Heroic Fantasy, a reçu le prix du jury. Il met en scène deux enfants dans un décor proche du seigneur des Agneaux. Un court-métrage qui
n’est pas forcément bien joué, mais qui a été réfléchi et qui respecte les codes de bases du cinéma défini depuis Méliès. C’est ce type de réalisation que nous étions venus chercher au festival
FIFAVA.
PALMARES
Prix du Jury Fiction : AZARI ET DAMIR de Jerome QUADRI
Prix du Jury Documentaire : LE BOUVIER de Jean-Louis DUBROCA
Prix Spécial Jeune : Mr ROUGE de Bastien COUSAERT
Prix du Public : REVERSO de Kévin MENDIBOURE et Thibault CAZES
Le jury a tenu également à apporter ses félicitations à HOAX de ZOUN et à La Haie de Hervé ANDRE.
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